Plusieurs journalistes francophones de l'extérieur du Québec se demandent s’ils peuvent espérer pratiquer leur métier au Québec.
Au Québec, comme on l’a vu dans la section «Cadre légal», le métier de journaliste est d’un accès absolument libre. L’expérience de journalistes d’origine française qui sont aujourd’hui membres de la FPJQ nous permet de fournir quelques recommandations. La première est de venir d’abord faire de courts séjours ici dans le but de nouer des contacts et de tâter le terrain. Les journalistes consultés avaient fait cinq ou six voyages au Québec avant de venir s’y établir. Lorsque vous ferez par la suite votre demande de visa à la Délégation générale du Québec à Paris ou l'équivalent ailleurs, si vous désirez toujours immigrer, le sérieux de votre préparation sera prise en compte, et les noms de contacts déjà établis impressionnera favorablement. Même si on dit qu’au-delà de 40 ans, le visa d’immigration est passablement plus difficile à obtenir, ce n’est pas impossible comme le prouve l’expérience de certains de nos membres.
Une fois au Québec pendant vos séjours, vous pourrez identifier les médias qui vous intéressent et demander des rendez-vous avec des responsables de rédaction en expliquant que vous venez prospecter le terrain. Les journalistes étrangers de passage notent souvent qu’il y a beaucoup moins de barrières protocolaires ici qu’en France, ce qui est un atout dont vous pouvez tirer parti. Faire sa place sur le marché est cependant passablement plus difficile.
La seconde recommandation est d’avoir avec soi de quoi tenir le coup financièrement pendant disons 18 mois. De toute façon, ce pécule est une exigence des autorités de l’immigration. La troisième recommandation est d’être prêt à répondre à la question suivante, peu importe votre vaste expérience dans un autre pays: “Quelle est votre expérience journalistique au Québec?�? De prime abord, les rédactions risquent de manifester une certaine méfiance, qui n’est pas insurmontable. Dites-vous que le journalisme à l'étranger et le journalisme au Québec ne se pratiquent pas nécessairement de la même manière, qu’il y a des différences notamment dans l’approche et le style.
Certains disent que le style du journalisme français par exemple est plus littéraire, plus “fleuri�?, voire plus teinté d’opinions que le courant majoritaire du journalisme québécois axé sur le journalisme américain “facts, facts, facts�?. Dites-vous que ce ne sont pas les médias qui s’adapteront à votre style de journalisme, mais votre style qui devra s’adapter à celui des rédactions que vous fréquenterez. En plus, il est normal qu’au départ vous connaissiez mal le Québec, comme tout nouvel arrivant, ce qui peut contribuer à la méfiance des rédacteurs en chef. Il vous faudra prévoir une période d’étude intensive de la société, condition indispensable à l’exercice du métier.
La troisième recommandation est de faire preuve d’une certaine dose d’humilité. Vous ne serez pas accueilli en sauveur. Vous aurez des difficultés au point de départ à faire votre place. Vous commencerez presque nécessairement votre nouvelle carrière ici à titre de pigiste. Or la pige est une jungle. Vous n’aurez pas grand poids face aux volontés des rédacteurs en chef. Il y a moins de stabilité dans l’emploi qu’en France nous faisaient remarquer quelques journalistes, qui ajoutaient qu’il faut ici continuellement poursuivre sa formation pour aller de l’avant.
La quatrième recommandation est de ne pas s’attendre à travailler tout de suite dans les médias de vos rêves. Il pourrait arriver que vous collaboriez, le temps de vous initier au Québec, à des médias de moindre prestige ou dans des secteurs d’activité qui ne vous sont pas familiers.
Cela étant dit, et avec les bémols énumérés, il est possible de se faire une place ici en journalisme. Il y a plusieurs exemples de journalistes d’origine étrangère qui ont réussi à se tailler une place honorable en journalisme. Mais ils ont travaillé dur pour y arriver.
Quant aux procédures précises à suivre pour immigrer, la FPJQ n’a pas de compétence particulière en ce domaine. Il vous faudra consulter des ressources fiables comme [www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/francais/index.html]